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Quand la culpabilité prend toute la place, comment survivre aux fêtes?

Ce sentiment de culpabilité, cette petite voix qui t’ordonne de te contrôler et d’éviter les desserts sucrés qui font soi-disant engraisser, on aimerait la faire taire et simplement savourer chaque instant. Mais quand la crainte de perdre le contrôle est trop envahissante, cette petite voix prend toute la place. Alors qu’elle t’incite à te priver, la tentation n’est que plus grande et c’est de plus en plus difficile d’y résister…

 

Chaque année, à l’approche de Noël et du jour de l’an, on se prépare aux réunions entre collègues, entre amis ou en famille, qui se déroulent bien souvent autour d’un repas à partager. Manger rassemble les gens et les fêtes sont une belle occasion de passer du temps avec ceux qui nous sont chers. C’est une période de l’année riche en traditions qui forgent certains de nos plus beaux souvenirs. Cette saison de festivités amène aussi son lot de culpabilité, plusieurs pensant déjà au chiffre grimper sur la balance en janvier. Pour d’autres, l’abondance de nourriture fait place à un profond sentiment d’anxiété. Quand la culpabilité prend toute la place, comment survivre aux fêtes ?

 

Festins des fêtes et prise de poids 

Une des croyances à l’origine de cette culpabilité, c’est celle que la prise de poids est inévitable pendant le temps de fêtes. Mais est-ce réellement le cas ? Évidemment non, et tu n’as pas besoin de chercher à tout contrôler pour y arriver. Tout d’abord, il faut savoir qu’aucun aliment n’a le pouvoir de te faire prendre ou perdre du poids. La plupart du temps, c’est davantage ta relation à ces aliments qui t’amène à en manger comme s’il n’y avait pas de lendemain. Qu’on parle d’une pointe de tarte au sucre, ou de la tourtière de ta grand-maman, tous les aliments contiennent des glucides, des protéines et des lipides qui fournissent à ton corps des calories. Ça, c’est juste une mesure d’énergie et ton corps en a besoin pour fonctionner. Peu importe ce que tu manges, une partie de cette énergie est utilisée par tes cellules et une autre est entreposée dans ton foie et tes muscles (jusqu’à ce qu’elle soit utilisée à son tour). À long terme, manger régulièrement en l’absence de faim ou au point de te sentir inconfortable après avoir mangé peut amener ton corps à entreposer ce surplus d’énergie sous forme de gras. Encore une fois, pas de panique, ça ne se passe jamais en un seul repas.

Illustration © Elaillce — Alice Hosdain 2018

 

Comment savoir quand trop, c’est trop ?

Pour savoir quand manger et quand s’arrêter, il suffit d’être à l’écoute de ses signaux de faim et de rassasiement. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à mettre en pratique. C’est un apprentissage continu qui devrait être fait sans jugement à l’égard de soi. En fait, l’idée, c’est de manger une quantité de nourriture qui te permet de te sentir confortable après avoir mangé. En présence d’aliments d’exceptions, on peut facilement être tenté de manger plus que nécessaire. Toutefois, lorsque les aliments en question font partie de notre quotidien, il est plus facile de s’arrêter, car nous savons que nous aurons d’autres occasions d’en manger. Pourquoi alors ne pas demander la recette de petites saucisses de ta tante Ann plutôt que d’en manger jusqu’à te sentir inconfortable ? Il peut s’agir d’une solution pour faire face à l’envie de continuer de manger « parce que c’est trop bon ». L’alcool vient également compliquer les choses, car elle rend plus difficile la reconnaissance de ses signaux. Parfois, le simple fait de prendre une assiette peut t’aider à prendre conscience de la quantité d’aliments consommés malgré l’effet de l’alcool et à mieux les apprécier.

 

Nos habitudes à l’envers

Dans le temps des fêtes, les heures des repas peuvent être vraiment différentes de nos habitudes et le choix des repas est souvent hors de notre contrôle. Dans ce temps-là, on ne gère pas toujours ça de la meilleure façon et ça peut avoir des impacts sur nos choix et nos comportements alimentaires par la suite. Par exemple, on pourrait être tenté de se priver avant un repas plus copieux ou un souper plus tard en soirée. Dans ces cas là, tu risques d’arriver au repas avec une faim démesurée, ce qui peut augmenter la vitesse à laquelle tu manges ton assiette, sans parler de la quantité de nourriture consommée qui risque aussi d’être démesurée. Et comme le corps est bien fait, repousser la faim ou sauter un repas régulièrement l’incite à économiser son énergie, se préparant à faire des réserves au repas suivant. Pas fou, quand même, car sans ces mécanismes de défense, l’homme n’aurait jamais survécu si longtemps !

Chose certaine, quand nos habitudes sont bouleversées, tes signaux s’adaptent pour permettre à ton corps de garder l’équilibre. Naturellement. Sans que tu aies besoin d’y penser. Ces soupers entre collègues, entre amis ou en famille restent des moments festifs et il n’est pas rare de manger au-delà de notre sensation de rassasiement. Bien que l’écoute de ses signaux soit souhaitable au quotidien, inutile de ressentir de la culpabilité s’il t’arrive de te laisser emporter par les festivités. Le lendemain d’un repas plus copieux, il est probable que ta faim soit plus discrète qu’à l’habitude. De cette façon, ce n’est pas nécessaire de « compenser » ce repas plus copieux volontairement, car le corps le fait naturellement (à condition qu’on l’écoute, sans se priver). On passe alors d’un contrôle externe ou cognitif à l’écoute de son corps et de ses besoins.

 

À l’approche des fêtes, je vous invite à être plus à l’écoute de votre corps et à être bienveillant envers vous. Pour apprécier pleinement de cette période de l’année, profitons du moment présent et mettons de l’avant le plaisir de partager ces doux moments avec les gens qu’on aime plutôt que la culpabilité. Pour aller plus loin, vous pouvez visionner ma conférence en ligne Un temps des fêtes sans culpabilité. Je vous présente différentes stratégies pour faire face aux situations difficiles pendant les fêtes, que ce soit les buffets, les repas tard en soirée, les commentaires sur votre assiette ou sur votre poids. Joyeuses fêtes !

 

Kuijer RG, Boyce JA. Chocolate cake. Guilt or celebration? Assocations with healthy eating attitudes, perceived behavioural control, intentions and weight-loss. Appetite. 2014;74:48-54.

Caroline Cloutier
Diététiste-nutritionniste

Avec mes recettes et mes articles, je veux vous aider à prendre plaisir à bien manger une découverte à la fois. J’adore cuisiner selon les saisons et mettre de l’avant une variété de protéines végétales dans mon alimentation. Je suis convaincue que pour bien manger et être en santé, on peut manger de tout sans se priver. C’est pourquoi mon approche mise sur l’alimentation intuitive et la pleine conscience. N’hésitez pas à laisser un commentaire et à partager le contenu que vous appréciez!

Commentaires :

  • Josée Paquet
    08/12/2019 au 09:05

    Des conseils très intéressants!

    • Caroline
      08/12/2019 au 09:18

      Merci Josée, je suis contente que ça puisse aider.

  • fernande
    16/01/2017 au 18:14

    Tres belles recettes à essayer. Merci

    • Caroline
      24/01/2017 au 15:37

      Merci beaucoup Fernande 🙂

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